jeudi 28 juin 2007

Marbré matcha et chocolat blanc

La saison des cocktails touche (enfin) à sa fin... encore ce soir, et c'est fini. OUF ! L'Homme disait hier soir en sortant de table : j'ai l'impression d'avoir pris 5 kg en une semaine. Tant qu'il ne pense pas que c'est moi qui ai pris 5 kilos, tout va bien (je plaisante bien sûr).

Depuis mon ratage de biscuits sablés de l'autre jour, l'envie d'une douceur parfumée au matcha m'est restée. Malgré la suralimentation de ces derniers jours, je n'ai pas pu résister à l'envie de faire cette recette, repérée sur La tartine gourmande, un marbré matcha-chocolat blanc. D'ordinaire je regarde avec dédain le chocolat blanc, moi qui n'aime que le noir ... aussi noir que possible. Mais l'idée du contraste entre l'amertume légère du matcha et la douceur lactée du chocolat blanc m'a plu. De la tentation à la tentative, et même la réalisation, il n'a pas fallu longtemps. Quelques minutes pour convertir les proportions de la recette d'origine, qui sont indiquées en onces, et hop, voici ma version (entre autres j'ai mis un peu moins de sucre que dans la recette originale). 

Marbré matcha et chocolat blanc




Pour un moule à cake de 24 cm environ :
- 3 œufs
- 180 g de farine
- 80 g de chocolat blanc
- 120 g de beurre salé
- 125 g de sucre
- 1 cc légèrement bombée de thé matcha
- 1 cc de levure chimique
- 1 cc de bicarbonate de soude

1. Faire fondre le beurre. Faire fondre (à part) le chocolat blanc au bain-marie (cela met du temps, et ça donne une pâte épaisse et collante : normal c'est bourré de sucre...! mais ça se mélange sans problème à l'appareil)

2. Mettre les oeufs avec le sucre dans un saladier et battre jusqu’à ce que le mélange blanchisse. Ajouter la farine tamisée et la levure, le beurre fondu. Préchauffer le four à 180°C.

3. Diviser la préparation en deux, 2/3 et 1/3. Ajouter le chocolat fondu aux 2/3 de la pâte et la poudre de thé matcha dans le 1/3 restant.

4. Beurrer un moule à cake s'il n'est pas en silicone et verser la moitié de la préparation au chocolat blanc, puis la préparation au matcha, puis terminer avec le reste de pâte au chocolat. Marquer légèrement le milieu du cake avec un couteau ou une spatule pour éviter qu'il n'éclate à la cuisson.

5. Enfourner pour 50 minutes environ à 180°. Une lame de couteau insérée dans le cake doit ressortir sèche. Laisser tiédir légèrement avant de démouler.

Verdict : un délice, moelleux, dense mais pas bourratif. Le contraste entre le goût du matcha et celui du chocolat blanc est vraiment très très réussi. J'adore. Ce cake se mange sans faim, il est hautement dangereux en période de régime bikini ou contre les effets secondaires d'une vie sociale bien remplie, mais très indiqué pour se remonter le moral quand on sait que dans une semaine, on sera à Paris, par 15° (l'après-midi), sous la pluie et qu'il n'y aura plus d'Homme ni de mangues (sauf dans les pots de confitures).

Y a quand même un détail qui m'intrigue, lorsque je regarde l'allure de ce marbré : d'abord il n'y a que deux couches et non trois, ensuite la couche matcha du cake s'est bizarrement retrouvée en bas. Alors que j'avais bien commencé par étaler une couche de chocolat blanc, puis une de matcha, en terminant par le reste de chocolat ... Et puis logiquement la pâte au chocolat blanc devrait être plus lourde que celle au matcha... alors pourquoi est-elle remontée (ou plutôt : pourquoi le matcha est-il descendu ?) Mystère ! 

Allez, c'est pas tout, mais j'ai encore des confitures sur le feu, et des cartons à boucler...

Avant de vous quitter, une petite photo des dernières fournées exotiques... avec en prime mon fond d'écran actuel, une fleur de lotus "rapportée" de notre dernier voyage en Chine...

mercredi 27 juin 2007

Livraison de pain à Dakar

Un tout petit clin d'oeil avec cette photo prise par un collègue de mon mari, de passage à Dakar... le genre de scène que l'on finit par ne plus voir à force de vivre ici, mais qui est tellement rigolote que je ne résiste pas au plaisir de vous la livrer. En guise de petit déjeuner.... Ce pain là doit être tout chaud, car s'il ne sort du four, il sera réchauffé par la température ambiante !





Quant à moi je continue mes confitures en même temps que j'avance dans les cartons, entre deux repas et cocktails d'adieu : bananes-passion, mangue au citron vert encore et toujours (j'en ai déjà donné à droite et à gauche, il faut reconstituer les stocks...), mangues-fraises, ananas au lait de coco, mangues-combawa. Bref ça usine dans la cuisine ! Les photos et les recettes bientôt !

A vélo avec deux sacs de pain... chapeau !

Ah non, trois sacs.... carrément épatant !

mardi 26 juin 2007

Mes épices... bientôt dans la caisse maritime

Pour répondre à l'invitation de Minouchkah de Passion Culinaire, voici les épices de ma cuisine dakaroise, quelques jours avant que j'emballe tout cela pour rapatriement vers la France.


Pas de mise en scène particulière, comme vous pouvez voir. Je conserve ces épices dans un coin assez sombre de la cuisine (je n'ose pas dire un endroit frais et sec, c'est impossible, je me marre à chaque fois que je vois cette consigne de conservation sur les emballages des produits alimentaires...). J'ai simplement ouvert les pots et disposé l'ensemble sur le plan de travail pour prendre une photo à la lumière du jour. 

Il y a essentiellement des choses très classiques, d'autres un peu plus rares, comme la cardamome noire ou les feuilles de curry, ou le sumac, un condiment typiquement libanais que je ne connaissais pas avant de venir à Dakar.

Les boîtes blanches ou les pots en verre que vous voyez sont évidemment, pour la plupart, de la récup'. Ces choses-là ne se jettent pas, ici tout particulièrement. J'ai donc une collection de contenants aussi abondante que disparate (dans le tas il y a quelques pots de chez Ducr.... ou Albert M..., mais ils sont finalement minoritaires). Ces pots récupérés à droite et à gauche ne servent pas seulement au stockage des épices, mais aux conserves maison... principalement des confitures !

Pour revenir aux épices, je disais qu'elles vont être exclues temporairement de ma cuisine, puisqu'il faut faire partir notre caisse maritime un mois avant notre propre retour en France. Si je les gardais ici, je serais obligée de tout racheter une fois rentrée en France. Résignons-nous, de toute façon nous n'aurons plus de vaisselle, plus de casseroles, plus de petit électroménager... Ce sera camping et sandwichs ou resto pour quelques semaines. Enfin surtout pour l'Homme, car pour ma part j'ai des occupation intello-estivales en Europe, des colloques où le chant sera à l'honneur, mais sans doute pas dans les casseroles... Attention je ne suis pas en train de vous dire que je vous abandonne ! Je vais encore une fois squatter la cuisine (et l'appartement) de maman, en attendant d'emménager dans notre nouveau chez nous, mi-août.

Voilà en quelques mots le programme de cet été.... à très bientôt, quoi qu'il arrive !

samedi 23 juin 2007

Nonnettes à la marmelade de pamplemousse

Je suis tombée hier sur (ou plutôt dans) la Marmite de Cathy. Un billet qui parle degalettes de sarrasin et de curé nantais, un fromage dont j'ignorais totalement l'existence. Il paraît qu'on peut l'associer à du salidou, (caramel au beurre salé) autre spécialité nantaise, beaucoup mieux connue je pense, tout au moins sur la blogosphère : le sucré a toujours une cote de popularité supérieure au salé. Ma foi, l'association du fromage et du caramel me semble carrément diabolique !

En y repensant, je me suis dit que les Panzani de Don Patillo gagneraient elles aussi à être assaisonnées au curé nantais voire à la tête de moine, l'assortiment est moins neutre qu'avec de l'emmental ou du gruyère.

L'Eglise et la cuisine... c'est décidément tout une histoire ! La découverte de cecuré nantais m'a fait sourire, juste au moment où je m'apprêtais à confectionner quelques nonnettes de Dijon. Les nonnettes, vous savez, ce sont ces petits pains d'épices fourrés à la marmelade d'orange que fabriquaient autrefois les nonnes dans leurs monastères (qui sait si elles ne le font pas encore).

Si vous n'en avez jamais goûté en version originale, vous n'ignorez sans doute pas ce que sont les biscuits Chamonix : ça ressemble un peu aux nonnettes, c'est fourré à la marmelade d'orange comme les nonnettes, et c'est l'un des rares gâteaux industriels que j'ai aimés dans mon enfance et qui me font encore saliver d'envie lorsque je passe devant, au supermarché.

La recette de ces nonnettes utilise non pas de la gelée ou de la marmelade d'orange, comme le veut la tradition, mais de la marmelade de pamplemousses (home made marmalade, cela va de soi...).

Le petit goût de pamplemousse est délicieux avec les épices, et apporte cette pointe d'amertume très légère qui équilibre le côté sucré dû au miel. Rassurez-vous cependant, 200g de miel, c'est exactement ce qu'il faut, à mon sens : et je ne suis pas un bec sucré, bien au contraire !

Moelleuses et fondantes sous leur glaçage, ces nonnettes sont parfaites avec un thé Pu Erh ou un Earl Grey de qualité.

Nonnettes à la marmelade de pamplemousses


Pour environ 20 petites nonnettes (dans des moules à mini-muffins en silicone, ou des cercles à pâtisserie de 5 cm de diamètre) : 

- 100g de farine de seigle
- 175g de farine T55 ou T45
- 75g de cassonade
- 200g de miel
- 20cl de lait
- 75g de beurre
- 1cc de bicarbonate de soude
- 1 cc d'extrait naturel d'orange
- 1 cc rase d'épices à pain d'épices (4 épices)
- ½ cc rase de gingembre en poudre
- un petit pot de marmelade de pamplemousses maison (à défaut, prendre de l'orange amère, "fine cut" si possible, c'est à dire avec des écorces taillées très finement)

Pour le glaçage :
- 10 cl de jus de pamplemousse fraîchement pressé (évitez à tout prix le jus tout prêt, il est toujours un peu amer) 
- quelques gouttes de jus de citron (1 cc)
- 50g de sucre glace

1. Faire chauffer le lait, le sucre, le beurre et l'arôme d'orange en remuant sans arrêt. Ôter du feu aux premiers frémissements et bien mélanger.

2. Tamiser la farine, le bicarbonate et les épices. Verser dessus le liquide chaud en fouettant pour obtenir une pâte homogène. Verser dans les moules à muffins et laisser reposer quelques heures au frigo.

3. Faire chauffer la marmelade pour la rendre plus souple. Mixer légèrement si les morceaux d'écorce sont trop longs ou trop épais. Avec une poche à douille, déposer un peu de marmelade au centre de chaque nonnette.
4. Cuire 15 min à 200° C en surveillant qu'elles ne brunissent pas trop : c'est parfois une minute de plus ou de moins qui suffit à tout gâcher. A la sortie du four, les glacer avec 50g de sucre glace délayés dans 10cl de jus de pamplemousse. Laisser sécher complètement et attendre le lendemain pour déguster.

Chasse aux moustiques et compotée de figues au Banyuls

haque fois que je passe sur le blog de Mingoumango, La bouche pleine (et je passe souvent car ze l'aime vraiment très très beaucoup ce blog...), je rigole en lisant le décompte journalier de la chasse aux pigeons (au pistolet à eau, en l'occurrence... ). Aussitôt je songe au nombre impressionnant de moustiques que nous abattons quotidiennement, mon homme et moi (là on ne tient même plus les comptes...). Chacun son gibier !

Je ne sais pas d'où viennent et comment se reproduisent les centaines de moustiques qui vivent dans notre villa, pourtant entièrement pourvue de moustiquaires aux fenêtres et régulièrement désinsectisée, et où l'eau stagnante (l'eau tout court) est rare, surtout en cette fin de saison sèche.

Les moustiques résistent à tout : aérosols, prises électriques, serpentins que l'on fait brûler, répulsifs à appliquer sur le corps, la bonne vieille citronnelle, les bracelets dernier cri à ultrasons (pourtant vantés par une amie ayant séjourné au Brésil). Non, vraiment, rien ne les arrête. Comme dit mon mari : "tu lui balances un coup de bombe, il te fait un bras d'honneur"'. Face au moustique dakarois, une seule parade : la raquette électrique.



Ce magnifique objet de torture made in China (of course...) est un jouet auquel on s'attache très vite. Au point que nous avons acheté une deuxième raquette, comme ça chacun a la sienne, on fait des matchs. Munie de deux piles de 1,5 V, cette raquette diffuse un courant électrique (pour peu qu'on appuie sur le bouton ad hoc) qui grille illico le moustique ou tout autre insecte nuisible en vol, posé sur un mur, sur un meuble. Petite étincelle, faisceau bleu électrique, odeur de kératine brûlée, c'est jouissif ! On massacre ainsi une vingtaine de moustiques à l'heure, au petit déjeuner si l'on n'est pas trop dans le cirage, tout en faisant sa toilette (ils adorent évidemment la salle de bains) ou le soir après dîner.

Parfois je regarde mon homme faire les cent pas dans le séjour, raquette à la main, auscultant les moustiquaires et les coins sombres en espérant accroître son tableau de chasse. Là, je me dis que ça devient grave...




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Maintenant que vous savez tout de nos crimes contre la faune africaine, une recette à base de figues, notre dessert d'aujourd'hui. Je sais, ce n'est ni la saison des figues ni le pays où en trouver... Mes figues étaient surgelées, bien évidemment. Elles m'ont fait envie, pour changer un peu des mangues.

Dans une autre vie j'ai eu le bonheur de manger des kilos de figues de variété blanche (les meilleures à mon avis...) fraîchement cueillies, quelque part au fin fond de la Lucanie. Dans cette belle région du sud italien, les figues étaient vendues, à l'époque, moins de 500 lires le kilo, soit environ 26 centimes d'euros. Comme tout le monde avait un figuier dans son jardin, personne ou presque n'en achetait, c'était le fruit du pauvre, en somme. Depuis, je n'en ai jamais retrouvé d'aussi bonnes. Même si certaines figues violettes sont excellentes, ce n'est pas pareil.

Pas question donc de manger ces figues crues comme des fruits frais. J'en ai donc fait une compote avec un reste de Banyuls (on continue à vider les placards... et puis le Banyuls cela va bien avec les figues) et quelques épices.

Compotée de figues au Banyuls



- 1 kg de figues fraîches (ou comme ici, décongelées... c'est moins bien, évidemment)
- 200g de sucre en poudre
- 1 dl de Banyuls
- 2 étoiles de badiane, 1 bâton de cannelle coupé en deux, 5 gousses de cardamome verte

Mettre le tout dans une marmite à fond épais et laisser compoter à feu moyen en remuant régulièrement jusqu'à ce que le jus ait suffisamment réduit. 

Servir tiède ou frais, comme dessert ou en accompagnement d'un fromage de chèvre à l'huile d'olive, c'est pas mal du tout.

jeudi 21 juin 2007

Fraîcheur de pamplemousse au thé vert ou comment se remettre des obligations sociales liées à l'expatriation

A Dakar ce n'est pas seulement la saison des mangues, c'est aussi celle des cocktails. Un élément incontournable de la vie d'expat' : on vient dans un pays pour deux, trois, cinq ans, et chaque année la population se renouvelle en partie.

Chaque année, en octobre et en juin, on navigue de pots de départ en soirées d'adieux, de cocktails de bienvenue en brunchs de cohésion pour épouses ayant suivi leur mari. Curieusement c'est rarement le contraire... on a beau faire et beau dire, on n'échappe pas à des schémas ancestraux...

Celles qui, comme moi, ont gardé des activités sur un autre continent restent des exceptions. Elles s'excluent automatiquement du groupe des « nanas qui n'ont d'autre souci que se demander ce qu'elles mettront au prochain cocktail (dîner, brunch, voire petit-déjeuner à l'ambassade de France), passent leurs journées à courir après chiffons, parures, tissus, bijoux, déco pour leur maison, etc. etc. J'exagère ? A peine...

Ce n'est pas (seulement) par esprit de contradiction, mais voilà, pour un tas de raisons dont certaines m'échappent, je n'ai jamais été dans le moule. Atypique : combien de fois m'a-t-on accolé cet épithète, pas toujours sur un ton très positif... Les réjouissances de la société néo-post-coloniale m'ennuient prodigieusement, je hais plus que tout les soirées dansantes (j'ai pourtant fait 15 ans de danse classique dans ma prime jeunesse). En somme mon cas est grave : je ne suis pas seulement atypique, je suis carrément asociale, pour certains. C'est l'image que je donne, donc ça doit être en partie vrai !

L'inconvénient des cocktails d'ici, c'est non seulement qu'on tourne un peu en rond, mais que la nourriture y est rarement bonne. Je pèse mes mots. A la troisième ou quatrième soirée dans la même semaine, l'estomac et les papilles se révoltent.

Pour nous reposer un peu sur le plan digestif, entre deux séances de lourdeur gastronomico-sociale (tous les jours depuis samedi dernier, et jusqu'à vendredi prochain), j'ai confectionné un dessert d'une simplicité presque inavouable, tout frais, tout léger, plein de vitamines, diurétique, anti-oxydant etc... à base de pamplemousse et de thé vert. Parfait pour commencer l'été.

Ce thé vert est un banal thé Gunpowder de Chine (celui qui sert à faire le thé à la menthe en Afrique du Nord et même ici au Sénégal). On peut lui ajouter quelques feuilles de menthe fraîche, ou bien, comme ici, des zestes de citron vert et un mélange d'herbes finement ciselées. Estragon et pamplemousse se marient à merveille ; on peut aussi mettre du basilic, de la menthe, de la coriandre...  


Fraîcheur de pamplemousse rose au thé vert

Pour une personne : 
- un pomelo rose
- 2 c. à soupe de thé vert (type Gunpowder)
- 50g de sucre- 1 c. à café d'herbes de votre choix ciselées (ou de menthe fraîche, ou de coriandre, ou de ce que vous voudrez...)
- ½ cc de zeste de citron vert finement râpé

1. Prélever les suprêmes du pomelo rose (c'est à dire les quartiers de chair). C'est ce qu'il y a de plus difficile dans la recette. Pour la technique, je vous renvoie aux vidéos qui circulent sur le net... c'est assez facile avec le pomélo, en fait.

2. Faire infuser le thé 3-4 minutes dans 30 cl d'eau à 85° (pas d'eau bouillante, cela tue le thé vert, et pas plus longtemps, il serait amer).

3. Retirer l'infusat, ajouter le sucre, mettre sur feu doux avec le zeste de citron vert et laisser réduire un peu ce sirop léger. En fin de cuisson seulement, ajouter les herbes ciselées.
4. Laisser tiédir puis verser le sirop sur les suprêmes de pamplemousse. Mettre au frais 4h avant de consommer. 

dimanche 17 juin 2007

Mangues, encore et toujours : en confiture au citron vert

Vous allez dire : en-coore ! Ben oui, on n'en sort pas... La saison des mangues bat son plein et l'une de mes missions avant le retour définitif en France est de rapporter un bon petit stock de pots de confiotes exotiques.

Donc je suis à l'affût des mangues, mûres, moins mûres, de variétés différentes. Je les achète par deux ou trois kilos. Reste une frustration profonde : la plupart du temps je n'ai aucune idée de la variété de mangue que je viens d'acheter. Parfois je pose la question au vendeur, mais il n'en a généralement pas la moindre idée. Je regarde sur internet, mais cela reste difficile à identifier... en dehors de la Kent ou de l'Amélie que l'on trouve fréquemment en Europe.

D'un fruit à l'autre, le goût et l'aspect varient énormément. Plus ou moins fleuri, plus ou moins poivré. La couleur de la peau peut être vert pâle à peine teinté de jaune, ce qui n'est pas forcément signe d'immaturité. Uniformément jaune-doré, ou encore vert foncé légèrement teinté de jaune, vert foncé teinté de rouge voire de bordeaux (les variété Kent sont souvent ainsi). Mais aussi : vert moyen virant au jaune pâle à maturité, rouge-orangé, rouge uniforme.... c'est infini. Sans parler des formes, rondes ou ovales, à peu près symétriques ou pas du tout, plus ou moins plates avec cette terminaison typique en haricot, très grosses, moyennes, toutes petites.





 

Certaines mangues sont très juteuses et fondantes, ce ne sont d'ailleurs pas les plus adaptées à la cuisson, il vaut mieux les déguster crues. D'autres sont fibreuses, ce qui n'est pas terrible non plus pour faire des compotes ou des confitures, mais elles peuvent avoir un goût de fleurs très prononcé et être très sucrées, comme cette petite mangue ronde et rouge sur la photo : il faut juste prévoir un cure-dent ou du fil dentaire après dégustation...



Les plus appréciées des "toubabs" (les blancs), celles qui arrivent sur les marchés d'Europe et que les marchands de légumes d'ici nous proposent spontanément ont une chair ferme et serrée et sont moins juteuses, comme les variétés Kent ou Amélie, mais ont un goût plus poivré et un peu d'acidité. Ce sont celles qui se tiennent le mieux à la cuisson et elles sont tout aussi savoureuses crues.



Bon, la démonstration d'"amateur mal éclairé" des mangues est terminée ! Revenons donc à nos confiotes...

Pour faire de la confiture de mangues il est préférable de mélanger des mangues mûres à point et des mangues plus vertes, un peu plus acides, qui tiennent mieux à la cuisson et aident à la prise. Les mangues très mûres se défont à la cuisson. Combiner les deux permet d'avoir une texture très douce, avec quelques morceaux. Sauf qu'en ce moment il devient difficile de trouver des mangues non mûres : même très fermes au toucher, elles sont bien colorées et très peu acides. Il est intéressant aussi de prendre des variétés différentes, les plus parfumées possibles, car la mangue perd beaucoup de son goût en cuisant, malheureusement...

Confiture de mangues au citron vert


- environ 1 kg de chair de mangue (je mets 1/3 de mangue bien mûre et 2/3 de mangue presque mûre, c'est à dire encore ferme au toucher)
- 3 citrons verts bien juteux
- environ 650g de sucre

1. Râper les zestes de 2 citrons ou les détailler avec un zesteur sans prendre la partie blanche. Faire blanchir 2 fois ces zestes, départ eau froide. Egoutter et laisser sécher sur un papier absorbant. Presser le jus des 2 citrons dont on aura prélevé le zeste.

2. Détailler les mangues en petits morceaux et les arroser de jus de citron. Ajouter le sucre et porter le tout à ébullition, faire bouillir 1 minute, puis retirer du feu. Laisser mariner à température ambiante pendant 12 heures environ.

3. Le lendemain détailler le citron restant en tranches fines. Blanchir ces tranches trois fois, départ eau froide. Egoutter, laisser sécher. Prélever environ 5 cl du sirop dans lequel baignent les mangues et faire confire les tranches de citron à feu très doux dans une petite casserole (le sirop doit couvrir les tranches à hauteur). Bien surveiller pour ne pas laisser caraméliser. Arrêter la cuisson dès que les tranches deviennent translucides (environ 15 minutes).

4. Ajouter ces tranches aux mangues et faire cuire le tout jusqu'à ce que la confiture prenne (105°C environ). Ecraser un peu les morceaux de mangue si vos fruits sont restés très fermes. Eviter d'écraser les tranches de citron en revanche. Retirez ces dernières délicatement en fin de cuisson et plaquez-les sur le fond et les côtés des pots de confiture pour faire joli, puis remplissez les de confiture, terminez par une tranche de citron s'il vous en reste. Fermez les pots, retournez les quelques instants, puis laissez refroidir.

Verdict : aucun doute, c'est très bon, c'est très addictif...

Après ces mangues au citron vert, j'ai également fait de la confiture de mangues au gingembre. Même principe, la recette sera dans le prochain billet...

jeudi 14 juin 2007

Que d'eau ! Sablés à la Vache qui rit

Après une panne sèche de deux jours, l'eau est revenue en force chez Natalia.

La Sénégalaise des eaux ne s'est jamais déplacée contrairement à ce qu'elle avait annoncé avec force incantations. Allah a oeuvré pour elle... c'est sans doute ce qu'elle attendait. Ou plutôt : la société en charge des travaux à hauteur de notre maison a finalement décidé de nous rebrancher. Ben oui, pas de canalisation cassée en fin de compte. De guerre lasse je me suis pointée sur le chantier pour demander aux ouvriers ce qu'il en était. Ils nous avaient tout simplement débranchés du réseau, comme ça, sans prévenir. Je leur ai demandé quand ils comptaient nous rebrancher. En guise de réponse, on me gratifie d'un haussement d'épaules et on me tourne le dos.

Je rentre chez moi plus désespérée que jamais, me préparant à affronter ce régime sans eau pendant un nombre de jours indéterminé. Mais miracle, on a eu pitié de nous, 1/4 d'heure plus tard, j'entends avec joie la chasse d'eau des toilettes se remplir. Alleluia ! Mais comme vous allez voir Allah est grand, voir magnanime. A une heure déjà tardive de la soirée, un drôle de bruit d'écoulement d'eau me parvient du fond du jardin. Il fait nuit noire, je prends une lampe de poche, je vais voir. Cette fois la cuve de secours déborde ! Le flotteur d'arrêt d'alimentation n'a pas fait son oeuvre... Dans la pénombre la plus totale, moi, manuelle et bricoleuse née..., en l'absence de l'Homme, je cherche une vanne, un robinet à fermer. Mais je ne trouve rien. Oui je sais je suis nulle, mais on n'y voit rien, j'ai les mollets dans l'eau, les cafards grouillent aux alentours, j'ai des excuses.

Je m'apprête à entamer un chant de procession médiéval spécialement indiqué en cas de surabondance d'eau, et puis je me dis : non, on se calme ! J'appelle le voisin le plus sympa (il ne s'appelle pas Allah : parfois il faut prendre son destin en main). Je suis secourue en moins de 10 minutes, la vanne est fermée. Ouf. On va vivre sur la réserve jusqu'à ce que le niveau baisse et que le flotteur puisse à nouveau... flotter.

Pour vous dire à quel point Allah est généreux en matière d'eau, nous avons été gratifiés, cette nuit, vers 4 h30, de la première pluie de la saison, la première pluie depuis le mois d'octobre : voilà qui ne fera pas de mal au jardin, poussiéreux et étique comme jamais.

Avec tout ça j'ai repris le chemin de la cuisine et confectionné ces petits sablés à la Vache qui rit, une recette épatante qui vient du blog Paprikas. Ils sont absolument divins, ces sablés, croquants à souhait, avec un bon goût de beurre, un peu salés grâce à la vache qui rit, avec ces petits grains de sucre (cassonade pour moi) pour enrober le tout. Miam, merci Nadia !!! 

Sablés à la Vache qui rit



Pour 30 biscuits environ :
Préparation : 20 mn
Cuisson : 12 mn

Ingrédients :
- 3 portions de la vache qui rit
- 90 g de beurre ramolli
- 60 g de sucre semoule
- 1 vanille
- 1 cuillère à café de levure chimique
- 200 g de farine
- 20 g de cassonade ou de sucre blond pour la décoration

Préparation :
1. Préchauffez le four à 180°C.
2. Dans un grand saladier, mélangez le fromage, le beurre, le sucre et la vanille. Travaillez le tout jusqu'à ce que vous obteniez une crème bien lisse.
3. Ajoutez la levure et la farine tamisées. Mélangez puis formez un pâton.
4. Mettez les 20 g de cassonade dans une assiette plate. Etalez la pâte au rouleau sur un plan de travail puis découpez avec un emporte-pièce de votre choix. Mettez la face de chaque biscuit sur la cassonade puis placez les biscuits sur une plaque allant au four garnie de papier cuisson.
5. Mettez les biscuits à cuire pendant 12 mn.

Les biscuits se conservent très bien dans une boite hermétique.

mercredi 13 juin 2007

Confiture de mangues aux fruits de la passion... sans eau courante

Catastrophe dans la cuisine de Natalia ! Plus d'eau depuis hier matin : mais alors, rien, plus une goutte, ni d'eau chaude (un luxe inutile !), ni d'eau froide.

Avec les travaux de voirie devant chez nous, il semble qu'une canalisation se soit rompue. Résultat : grosse flaque d'eau sur la route, les voitures peuvent se karcher gratos, mais y a plus une goutte pour nous.

J'appelle le plombier, il passe deux fois plutôt qu'une, pour me dire avec un grand sourire que ce n'est pas notre installation qui a un problème (ce qui est déjà arrivé par le passé...), mais l'eau qui n'arrive plus... bref, c'est pas lui, faut voir avec la Sénégalaise des Eaux.

J'appelle donc la SDE, il y a une friture épouvantable sur la ligne téléphonique, comme toujours, je fais répéter trois fois tout ce que me dit le type. Lui aussi a bien du mal à me comprendre, j'épelle mon nom. Il me dit qu'il va envoyer quelqu'un (il est 14h, y a encore un espoir... mais son ton me paraît bien peu convaincant...). On attend, mais rien ne se passe. Je ne m'étonne pas trop. On charrie des bassines d'eau en sollicitant les voisins (les veinards, ils ont échappé à ça !), on s'organise. Parce que là, ça peut durer longtemps. Comme par hasard il commence à faire chaud ces jours-ci, l'hivernage approche (comprenez la saison la plus chaude, humide, où on éprouve le besoin de se doucher au moins 2 fois par jour). Sympa, sans eau.

Je rappelle la SDE. Il est 17h30. Même type au bout du fil, mais il ne semble pas avoir le moindre souvenir de mon appel précédent, je recommence à décliner nom, adresse, à expliquer le problème. Ah oui, il y a des travaux, c'est à cause de cela, on répare, il faut bien couper l'eau pour réparer la fuite. Moi : mais là, en ce moment, ils réparent ? Je n'ai vu personne.... Lui : si, si, Madame, ils sont en train de réparer... Moi : Ah bon, mais alors l'eau sera rétablie quand, ce soir, demain matin ? Réponse longue et évasive du bonhomme, je prends mon mal en patience, arrive la péroraison finale : il faut s'en remettre à la grâce de Dieu. S'il croit que ça me rassure, il se plante légèrement... Etant donné l'heure qu'il est, avant le lendemain, il ne se passera rien, sauf miracle d'origine divine, j'ai bien compris le message.

Je me résigne, de toute façon, que faire d'autre ? Je fait même cuire la confiture de mangues aux fruits de la passion qui macère depuis 12 heures. Le soir, repas sans cuisson et avec un minimum de vaisselle pour ne pas trop entamer ma bassine de réserve. Comme une catastrophe n'arrive jamais seule, cette nuit, je mets un peu de climatisation dans la chambre, la première fois depuis longtemps, car j'ai chaud (par solidarité avec l'Homme qui souffre par 46° en brousse...). Un écoulement bizarre me réveille vers 1h du matin : la circuit d'évacuation de l'eau condensée fuit, me voilà avec une belle flaque d'eau dans la chambre, à un endroit où bien sûr il y a une prise électrique... J'arrête la clim', j'éponge l'eau, je me recouche en soupirant (et en transpirant).

Ce matin, je me réveille après avoir rêvé que j'ouvrais le robinet et que l'eau était revenue. Authentique. Mais il n'y a pas plus d'eau qu'hier. Je rappelle la SDE, c'est le début de la journée, ce n'est plus le même type au bout du fil et celui-ci semble un peu moins lymphatique que celui d'hier. Il reprend mon nom (toujours aussi péniblement) et mon adresse, me demande même mon numéro de portable. On tient le bon bout, me dis-je. On me rappelle presque aussitôt sur le portable pour me redemander le numéro de villa et l'adresse, et pour me dire qu'on va intervenir... Je reçois même un SMS de confirmation, où mon nom se trouve étrangement transformé (à quoi bon me tuer à l'épeler quatre fois ? Je me demande !). Enfin, c'est plutôt bon signe, ils ont l'intention de bouger.

Deux heures plus tard, j'attends toujours de voir la SDE débarquer... Cependant le plombier d'hier est repassé à l'instant pour me dire, pour la troisième fois et toujours avec le même sourire Colgate, qu'il ne pouvait rien pour mon cas... C'est sans doute une forme de soutien moral de sa part... Ah, l'Afrique...!!!

Je me console cependant : la confiture de mangues et fruits de la passion est très réussie. Gélification parfaite, consistance moelleuse, couleur orangée superbe, goût légèrement acidulé comme j'aime. C'était ma première tentative de combinaison des deux fruits (en confiture je veux dire). La mangue seule est un peu trop douce, il faut la relever avec quelque chose d'acide ou de piquant : gingembre, citron vert... Les maracujas apportent cette nécessaire note acide et leur parfum de fleurs si caractéristique. Et tout ça, sans une goutte d'eau ajoutée !!

Confiture de mangues aux fruits de la passion


Voici la recette, inspirée d'une recette de mon père, la marmelade de mangues au citron vert (que je vous dois depuis un moment, je sais... patience !) :

- 1,1 kg de chair de mangues : j'ai pris une mangue bien mûre, une autre pas tout à fait mûre (mais pas verte non plus), le résultat est meilleur
- 15 cl de pulpe (jus) de fruits de la passion
- 700g de sucre blanc
- le jus d'un citron jaune

1. Porter les mangues coupées en petits dés avec leurs noyaux, la pulpe de fruits de la passion, le jus de citron et le sucre à ébullition. Eteindre le feu, laisser mariner à température ambiante pendant 8 à 12 heures.
2. Au bout de ce temps porter le tout à 105°, vérifier la nappe, retirer les noyaux avant de mettre en pot.

mardi 12 juin 2007

Verrines mangue-passion-coco avec un caramel au citron vert

Les mangues, toujours les mangues...

Je me suis lancée dans la confection de marmelade, mais cela ne suffit pas à écouler les stocks, vu la rapidité avec laquelle ces fruits mûrissent.

Pour changer un peu et avoir un dessert fruité mais un tout petit peu plus élaboré que le fruit brut, j'ai tenté ces verrines mangue-passion-coco. En bas, une purée de mangues avec une touche de passion et un rien de gélatine (presque insoupçonnable, ce n'est pas de la jelly parce que j'ai ça en horreur et mon homme aussi...) pour que ça se tienne. Par dessus, une crème fouettée parfumée à la crème de coco. Et pour la touche finale, un filet de caramel au citron vert + un soupçon de noix de coco râpée. Pas de quoi se prendre le chou, ni de quoi faire du lard. C'est frais, ça sent bon l'été et ça passe tout seul. L'Homme ayant été muté quelques jours au fond de la brousse, j'ai fini les deux verrines qui restaient (j'en avais fait quatre), une hier soir, une autre ce midi.




Pour 4 verrines :
- 1 mangue mûre à point
- 5 cl de pulpe de fruits de la passion (on peut remplacer par du jus d'orange si on n'en a pas)
- 2 ou 3 feuilles de gélatine (2 1/2 pour moi...)
- 40g de sucre en poudre + 15 morceaux pour le caramel
- 10 cl de crème liquide entière
- 10 cl de crème de coco (22% de m.g. minimum)
- 1 sachet de Fixe chantilly (facultatif)
- 4 c. à soupe de noix de coco râpée
- le jus et le zeste d'un petit citron vert

1. Mixer la pulpe de mangue jusqu'à obtenir une purée lisse. Faire tremper les feuilles de gélatine dans l'eau froide pour les ramollir.

2. Faire chauffer jusqu'à frémissement la pulpe de fruits de la passion et le sucre (40g), y jeter les feuilles de gélatine essorée en remuant pour bien les dissoudre. Laisser tiédir quelques instants.

3. Mélanger la pulpe de passion + la gélatine à la purée de mangue. Répartir dans des verres ou des coupes à glace. Laisser prendre au frais au moins 2 heures.

4. Placer un cul de poule, la crème de coco et la crème liquide au congélateur 1 bonne heure avant de les fouetter ensemble. Si on veut obtenir une crème assez ferme on peut ajouter un sachet de fixe-chantilly, sinon, ne pas s'inquiéter si le résultat obtenu reste assez liquide. Verser cette crème sur la purée de fruits et laisser prendre au frais encore 2 heures minimum.

5. Préparer le caramel avec les morceaux de sucre et 1 c. à soupe d'eau. Lorsqu'il atteint une couleur ambrée, le décuire avec le jus de citron vert. Ajouter ensuite le zeste râpé. Laisser refroidir au frais.

Au moment de servir, verser un filet de caramel sur le dessus des verrines et décorer de noix de coco râpée.

lundi 11 juin 2007

Nouilles fraîcheur à la Japonaise

Cette recette renouvelle un peu les habituelles salades de pâtes de l'été. On peut la préparer à l'avance et l'emporter en pique-nique sans problème. J'adore déguster ce genre de plat le midi, à Paris, lorsque je travaille et qu'il fait chaud. Je suis bien à Dakar et non à Paris, et il fait chaud... et j'essaie de bosser un peu (dur, dur). Ces nouilles ont été notre dîner d'hier soir. Cela cale bien, tout en restant léger et digeste. La quantité de sauce peut paraître importante, mais on n'utilise pas forcément tout. De plus une partie de cette sauce sera absorbée par les pâtes lorsque vous les mettrez à rafraîchir au frigo.



Pour 4 personnes :

- 300 g de nouilles asiatiques (nouilles de blé ou de sarrasin, rondes de préférence).
Je n'avais que des nouilles chinoises de blé, plates, dans mon placard et ici il ne vaut mieux pas partir faire ses courses en ayant une idée trop précise de ce que l'on veut : on s'approvisionne comme on peut, quand on peut, où on peut, et on prend ce qu'on trouve ! Alors si vous voulez tester la recette, faites ce que je dis, pas ce que je fais ;-)))
- 200 g de blancs de poulet cuit ou de porc maigre cuit ou de talon de jambon blanc
- 1 concombre
- 1 mangue pas tout à fait mûre (cette idée d'ajouter de la mangue m'est venue après avoir mangé des nouilles de ce genre chez Zenzoo, l'accord avec les autres ingrédients était excellent : mais là, sur la photo, pas de mangue, honte à moi ! J'ai tout mangé avec sel, sucre et piment !!! Et les mangues mûres ont fini dans d'autres préparations...)
- 4 oeufs
- 1 petit paquet de feuilles de nori (feuilles d'algues pour les sushis) découpées en fines lamelles (en épicerie japonaise)
- 20 cl de dashi froid (bouillon d'algues et de bonite japonais)
- 5 cl + 1 cuillère à soupe de mirin (vin de riz japonais) (à défaut, remplacer par du vinaigre de riz blanc)
- 4 cuillères à soupe de sauce de soja
- 2 cuillères à soupe d'huile de sésame
- 2 cuillères à soupe rase de sucre
- 1 cuillère à soupe d'huile d'arachide
- un peu de wasabi
- quelques brins de ciboulette

1. Battre les oeufs avec 5 cl de dashi, 2 cuillères à soupe de sauce de soja, 1 cuillère à soupe de mirin et 1 cuillère à soupe de sucre. Ne pas saler le dashi et la sauce soja le sont déjà. Faire chauffer une poêle avec 1 cuillère à soupe d'huile d'arachide et faire cuire les oeufs à feu moyen, de façon à obtenir une omelette fine et cuite de manière homogène (on peut la retourner à mi-cuisson au besoin). Laisser refroidir complètement puis tailler cette omelette en fines lamelles.

2. Pendant ce temps, tailler le porc ou le poulet cuit en bâtonnets. Eplucher et épépiner le concombre, éplucher la mangue, tailler la chair en bâtonnets.

3. Faire cuire les pâtes al dente dans de l'eau frémissante salée. Egoutter et passer sous l'eau froide.

4. Pendant que les pâtes cuisent, préparer la sauce en mélangeant le reste de dashi, l'huile de sésame, le reste de sauce soja, de mirin et de sucre, la ciboulette ciselée. Goûter et rectifier les proportions si nécessaire.

5. Assaisonner les pâtes avec la moitié de la sauce. Réserver au frais ces pâtes ainsi que les autres ingrédients pendant 1 heure au moins.

6. Dans des bols ou des assiettes, disposer les pâtes, puis poser les différentes garnitures par-dessus : viande, concombre, mangue, omelette. Arroser à nouveau de sauce et parsemer de lamelles de feuilles d'algues. Disposer sur le bord de l'assiette une pointe de couteau de wasabi que l'on pourra mélanger à la salade de pâtes (il faut y aller doucement, le wasabi fait pleurer même les messieurs...). Déguster avec un thé vert ou une bière...

vendredi 8 juin 2007

Un "Thaï-punch" pour fêter le retour à Dakar

Hier soir mon homme et moi avons pris un apéritif pour fêter nos retrouvailles (après quand même 23 jours de séparation).

Et comme je suis toujours dans ma phase obsessionnelle compulsive vis à vis du combava, ce citron vert typique de la cuisine thaï, dont j'ai rapporté quelques spécimens dans mes valises, j'ai tenté un "Thaï-punch". Le résultat est fameux !

Il ne faut pas hésiter à forcer sur la quantité de combava car cet agrume est peu juteux, donc le punch n'en est que plus fort, l'alcool étant très peu dilué... En rajoutant un peu de jus de citron vert "ordinaire" on peut améliorer l'équilibre acide-sucre. Moins acide que le lime, le combava a une légère (très légère !) pointe d'amertume qui est bien agréable dans un apéritif de ce genre. Et pour un parfum encore plus présent, on peut laisser mariner le tout 30 minutes à 1 heure... Quant à nous, on n'a pas pu attendre, on a fait notre mélange et on l'a descendu en moins de deux (enfin surtout moi... mais non, j'suis pas une poivrotte pour autant !)


A la vôtre ! Avec modération, bien sûr !


mardi 5 juin 2007

Petites crèmes au combava : pas renversées, mais renversantes

Suite de mes expériences avec les feuilles de combava.... dont je vous vantais les parfums envoûtants en infusion, dans un billet précédent

Quand une idée me trotte dans la tête, elle devient rapidement une obsession. Il fallait que je teste des petites crèmes aux oeufs parfumées au combava. Voilà qui est fait.

J'ai pris une base de crème renversée (on utilise les oeufs entiers, ce qui évite d'avoir des blancs qui traînent au frigo) mais je n'ai pas fait de caramel : je me demandais ce que cela pourrait donner avec le parfum du combava... Appréhension sans doute idiote, après tout ça ne doit pas être mal du tout avec du caramel... (Je tiens là un excellent prétexte pour en refaire bientôt !) Le mélange lait de vache et lait de coco permet de rester dans des notes exotiques, et donne du corps à la crème, le lait de coco étant légèrement plus gras que le lait de vache. Désolée pour l'objectif bikini de ces dames : on n'a pas encore inventé le lait de coco écrémé, que je sache... De toute façon moi, je m'en fiche, je vais pas me mettre à la diète dans un pays où la saison du maillot de bain dure presque toute l'année ... et où, accessoirement, la minceur est plutôt signe de pauvreté que de beauté !

Ces crèmes renversées qu'on ne renverse pas (pour cette fois...) ont d'abord intrigué ma mère, cobaye de service pour cette recette (la pauvre... bientôt ce sera à nouveau le lot quotidien de mon homme...). Mais qu'est-ce donc que cette feuille, sur le dessus ? Explications fournies, la surprise (voire la pointe de scepticisme, s'agissant de ma mère, qui se demande toujours à quelle sauce bizarre sa fille va revisiter les classiques) a disparu pour laisser place à une dégustation enthousiaste. Ce petit parfum frais, fleuri et citronné est tout simplement exquis, délicat, mais bien présent en bouche, bref, un petit bonheur à découvrir... 

Petites crèmes au combava


Pour 4 à 6 ramequins :
- 20 cl de lait de coco épais (marque Leader Price à 24% de matière grasse)
- 30 cl de lait 1/2 écrémé ou entier
- 3 oeufs
- 6 feuilles de combava entières, fraîches ou surgelées
- 100g de sucre
- une c. à soupe de zeste de citron vert finement râpé (ou de zeste de combava... je n'en avais pas sous la main mais j'essaierai la prochaine fois)

1. Porter le lait et le lait de coco à ébullition avec les feuilles de combava et le zeste de citron, laisser infuser 5 minutes. Préchauffer le four à 150°.

2. Fouetter les oeufs et le sucre, verser par dessus le mélange lait-lait de coco après avoir retiré (mais pas jeté) les feuilles de citronnier.

3. Répartir dans des ramequins et disposer sur chacun d'eux une feuille de combava (pour le décor, et parce que le goût se diffusera encore pendant la cuisson).

4. Faire cuire au bain-marie environ 30 à 40 minutes. Servir frais.

dimanche 3 juin 2007

Baklavas de la fête des Mères

J'ai toujours aimé déguster des pâtisseries orientales. Il faut dire que dans le grand bazar ethnico-culturel familial, on est aussi passé par le Maghreb, côté maternel... Ma maman avait envie de choses de ce genre pour ce dimanche. Je lui ai donc confectionné des baklavas maison.

Bon d'accord, les baklavas, ce n'est pas tellement nord-africain. C'est "ottoman", comme disait un collègue musicien, un Grec d'origine stanbouliote croisé dans un colloque. Balkans, Turquie, Grèce, Moyen Orient ont des traditions culturelles et gastronomiques communes, dues à l'influence de l'Empire ottoman. "Ottoman" est donc un adjectif commode, ça évite d'avoir à dire à un Grec, un Bosniaque ou un Libanais qu'il mange la même chose qu'un Turc... et de déclencher la 3e guerre mondiale.

Enfin, d'où que ça vienne, le baklava est sans doute la douceur irrésistible par excellence... le miel, les fruits secs, le feuilletage croustillant... je ne comprends pas qu'on puisse résister à ça :


J'entends d'ici ceux qui disent : "je n'aime pas les pâtisseries orientales", "c'est trop gras, trop sucré, écoeurant...". Pour moi, ce n'est pas pire que nos gâteaux pleins de ganaches et de crèmes au beurre, surmontés de chantilly, de nos génoises punchées avec des sirops tout aussi sucrés que les douceurs orientales. Bon, enfin, chacun ses goûts. Et puis on peut facilement convertir les réfractaires à la pâtisserie orientale, il suffit de leur en faire manger des bonnes. En général on ne résiste pas à un assortiment venu de la Bague de Kenza, LA maison qui vend les meilleures pâtisseries orientales que je connaisse à Paris...

Si vous n'avez pas la chance d'habiter en région parisienne et d'aller à la Bague de Kenza, vous pouvez fabriquer quelques-unes de ces douceurs. Certaines sont très faciles et très rapides à réaliser, les baklavas par exemple. 

Il y a des milliers de recettes sur le net et dans les livres. La mienne associe noix, amandes et pistaches mais on peut ne mettre que des amandes, que des noix ou que des pistaches, ou faire d'autres mélanges. 

Baklavas


Pour un grand plat à gratin rectangulaire de 25x30 cm environ :
- 250g de noix décortiquées
- 125g de pistaches émondées non salées, non grillées
- 150g d'amandes émondées
- 100g de sucre
- 100g de beurre + 50g
- 4 c. à soupe d'eau de fleur d'oranger
- 200g de miel liquide (type miel d'acacia, goût assez neutre)
- 15 feuilles de pâte filo
- 1 c. à soupe de cannelle en poudre

1. Broyer les fruits secs au robot, sans les réduire en poudre, mais seulement en petits morceaux. Ajouter le sucre en poudre, 2 c. à soupe d'eau de fleur d'oranger et 100g de beurre fondu.


2. Faire fondre les 50g de beurre restant. Préchauffer le four à 200°.

3. Découper 5 feuilles de pâte filo aux dimensions du plat (conserver les autres dans un torchon humide pour ne pas qu'elles se dessèchent pendant que vous travaillez). Beurrer les feuilles une par une, au pinceau, et les empiler au fond du moule. Verser la moitié du mélange de fruits secs. Mettre par dessus 5 autres feuilles, également beurrées, puis le reste de farce.

4. Découper et beurrer les 5 feuilles restantes et les empiler par dessus la seconde couche de farce. Saupoudrer de cannelle. Avec un couteau bien affûté, découper des carrés ou des losanges sur toute la profondeur du baklava, à la taille que vous souhaitez obtenir après cuisson.


5. Enfourner pour une vingtaine de minutes, le temps que la pâte filo dore.

6. Faire chauffer le miel et 2 c. à soupe de fleur d'oranger dans une petite casserole. Verser le miel chaud en filet sur le baklava. Laisser refroidir et sécher au moins 6 heures avant de déguster ces petits feuilletés croustillants avec un bon thé à la menthe. 


On peut laisser les baklavas dans le moule et les servir au fur et à mesure ou les présenter dans de petites caissettes en papier, ce qui est souvent plus pratique pour le service... car bien sûr c'est très fragile et très collant !