jeudi 5 juin 2008

Quand Mingou rend visite à Kriskou. Pasta (mortale !) & tartelettes




Que font une Mangue et une joueuse de casseroles quand le devoir retient leurs chères moitiés loin du nid ? Elles se retrouvent pour une soirée "Dînette et papotage".

Pas n’importe quel papotage : celui d’une syntacticienne et d’une musicologue. Rassurez-vous, elles ne font pas qu’enrichir leur vocabulaire de mots bizarres. Elles parlent aussi des choses de la vie. Elles se laissent aller à des confidences parfaitement futiles. Par exemple, des histoires d'astrologie chinoise.

Kriskou et Mingou
卧虎藏龙
Wò Hǔ Cáng Lóng
Tigre et dragon*

* Mingou et Kriskou / Dragon et Tigre seraient plus polis, j'en conviens. Mais "Tigre et Dragon" est plus évocateur que "Dragon et Tigre". Que Mingou me pardonne. J'espère au moins qu'il n'y a pas de fautes de chinois là dedans...

Revenons à des choses plus sérieuses. Mingou et Kriskou, donc, se mitonnent un dîner sympa. Loin d'elles la sophistication d'un menu triplement étoilable. Les meilleures choses sont (souvent) les plus simples. Dragon-Mingou et Tigre-Kriskou s'entendent très bien sur ce point (et sur d'autres).

Pour commencer : pasta alla Kriskova ! Une salade d'orecchiette aux accents méridionaux, une salade qui carresse les papilles dans le sens du poil (poil ? Euh ? non z'é pas de seveux sur la langue). Un basique tellement fait et refait que je n'avais jamais songé à en publier la recette. D'après Mingou, la chose est "trop mortelle" : elle n'est pas la seule à l'apprécier, d'ailleurs, son Poulet en redemande, à ce qu'il paraît. Voilà donc une idée de pasta qui mérite, finalement, d'être propulsée sur la blogosphère.

Je sais, sur la photo, ce ne sont pas des orecchiette mais des farfalle : car le soir où Mingou est venue dîner chez Kriskou, l'appareil photo est resté sagement dans son étui. J'ai dû refaire une pasta pour le billet, et je n'avais plus d'orecchiette dans mes placards !

Pasta alla Kriskova

pour 4 à 6 portions en plat principal

- 300g de pâtes au choix : orechiette, mezze penne, farfalle, fusilli conviennent particulièrement bien (éventuellement des pâtes multicolores)
- 100g de tomates confites
- 100g de poivrons rouges, jaunes et verts grillés et pelés
- 100g d'aubergines grillées en morceaux
- 30g de pignons de pin
- 80g de coppa di Parma en tranches fines

Pour la sauce :
- huile d'olive
- vinaigre balsamique blanc
- piment d'Espelette (1 cc rase environ)
- 1/2 petite gousse d'ail frais ou nouveau (allez-y mollo, pour le goût de la salade comme pour votre haleine)
- 1 branche de basilic frais


1. Pour la salade, on mélange le tout. Etonnant, non ? ;-)

2. Pour la sauce : on écrase un peu les feuilles de basilic dans un mortier, on ajoute l'ail passé au presse-ail, le piment d'Espelette et un peu de fleur de sel. On verse huile et vinaigre (disons 3 cs d'huile et 1 de vinaigre environ). On assaisonne la salade de cette sauce et on réserve au frais moins 1h avant de déguster.

Les "secrets" de cette salade tiennent à peu de choses, mais il faut quand même être attentif à certains détails :
- la cuisson des pâtes : 1 min. de moins qu'indiqué sur le paquet, ensuite on égoutte et on passe la passoire sous un filet d'eau froide pour stopper la cuisson. Cela permet d'éliminer un peu d'amidon, les pâtes colleront moins en refroidissant. On assaisonne tout de suite avec un peu d'huile (ceinture et bretelles). C'est bête mais c'est une garantie contre les pâtes trop cuites, trop ramollies, trop collées.
- le vinaigre balsamique blanc, tout en rondeur, légèrement sucré, et pourtant tonique (et tant pis si ça vous coûte un bras et une jambe comme diraient les Brittons).

- la qualité de l'huile d'olive. Je l'ai déjà dit cent fois (enfin, deux ou trois fois au moins) dans ce blog, ça fait une énorme différence. Par pitié, oubliez les huiles acides, oxydées, les mélanges standardisés de votre supermarché, tout "huiles d'olive vierge extra première pression à froid" qu'elles soient. Offrez-vous de l'huile d'olive, de la vraie, chez un marchand spécialisé. J'aime à la folie celles extraites des variétés Frantoio (Toscane, entre autres) ou Coratina (sud de la Botte), elles ont un nez un peu herbacé, une saveur puissante sans âcreté, sans amertume. A réserver aux préparations froides, la cuisson les dénature.

- les tomates : confites plutôt que séchées (plus charnues et moins acides).

- les légumes grillés tels que les aubergines ou les poivrons peuvent être achetés surgelés. Les faire décongeler au préalable sinon ils risquent de rendre de l'eau et de détremper les pâtes.

- la coppa et les pignons : grillés à sec à la poêle (séparément of course) c'est encore meilleur.

- si vous n'êtes pas réfractaire au fromage, sublimez le tout de quelques bocconcini di mozzarella di bufala ou de quelques copeaux de parmiggiano.

Après cette pasta, Mingou et Kriskou ont dévoré d'adorables tartelettes aux framboises garnies d'un macaronage rose tendre. Des tartelettes dont j'attends avec impatience la recette pour les faire goûter à une jeune fille momentanément privée de l'usage du bras gauche, que nous avons recueillie à la maison pour quelques semaines. Les tartelettes de Mingou ne devraient pas déplaire, et devraient pouvoir se déguster d'une seule main ;-)

Bon, je vous laisse, je file chez elle récupérer la recette et admirer les photos !

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