mardi 29 juillet 2008

Brownies choco-banane-pécan ultra riches pour cerveaux surmenés


Hier, lundi 28 juillet 2008 était un jour historique pour le 2e étage d'une des tours de la BnF. De quoi justifier une interruption de la série consacrée aux antipasti (rassurez-vous, le programme reprendra normalement après).

Non, cet événement ne concerne ni ma voisine de bureau ni sa taupe, l'une et l'autre toujours aussi taxidermiques.

Imaginez un peu la révolution. Depuis plus de 10 ans, le 2e étage de la tour n°2 (T2 pour les intimes) est le seul endroit de la BnF dépourvu de machine à café et de distributeur de boissons. La raison ? Le bon plaisir de l'ancienne maîtresse des lieux.

"Dans ce service, on ne fait pas de pause café", aurait-elle dit.

Résultat, depuis 10 ans, les occupants du 2e ont pris l'habitude d'aller se fournir au 1er ou au 3e, ce qui fait qu'au lieu de perdre 30 secondes, ils gaspillent allègrement 1 minute, voire 1 minute 30 de leur temps de travail.
Récemment, la personne en question a atteint le sommet de sa carrière et le dernier étage de bureaux de la tour (j'ignore si elle a fait enlever la machine à café à son arrivée). Au 2e, la nomination d'un nouveau chef, monsieur 3C (pour chocolat, café, clope) a fait naître un espoir de changement, dans ce domaine et dans d'autres.

Il aura fallu 6 mois, mais tout finit par arriver, depuis aujourd'hui nous avons une machine à café et un distributeur de boissons. C'est pas que l'offre soit géniale, en même temps, depuis que nous avons changé de prestataire, un réel effort a été fait, on peut même avoir du thé en sachet de qualité correcte.

Pour fêter cet événement et offrir aux collègues du 2e une pause gourmandise, j'ai concocté une recette de brownies ultra riches, ultra chocolatés, avec une pointe de banane et des noix de pécan. Faut-il que j'insiste lourdement ? C'est une tuerie scandaleusement fondante, crémeuse même, parfumée. Succès garanti sur les cerveaux surmenés, pourvu qu'ils soient accessibles à la notion de plaisir.


Brownies choco-banane-pécan

the very best ones... 





- 100g de chocolat noir à 70% de cacao
- 90g de beurre (moitié 1/2 sel, moitié doux, c'est encore mieux)
- 85g de chair de banane bien mûre
- 35g de noix de pécan
- 1 pincée de cannelle
- 2 cs de rhum
- 100g de sucre glace
- 30g de farine
- 20g de cacao en poudre
- 2 oeufs

1. Préchauffer le four à 180°. Faire fondre le chocolat coupé en morceaux et le beurre au bain-marie ou au micro-ondes. Ajouter la chair de banane et le rhum, mixer le tout pour lisser la préparation. Ajouter les noix de pécan coupées en deux ou en quatre (pour ne pas avoir de trop gros morceaux dans la pâte).

2. Dans un autre saladier, mélanger farine, cacao, cannelle et sucre glace tamisés. Ajouter ce mélange au chocolat fondu.

3. Incorporer les oeufs entiers et mélanger pour homogénéiser le tout.

4. Verser dans un moule carré et faire cuire 20-25 minutes. Laisser refroidir, puis découper en carrés.


samedi 26 juillet 2008

Antipasti #3. Peperoncini farcis à la "burrata" : love at first bite




L'antipasto du jour, ce sont des "peperoncini" (petits piments méditerranéens généralement un peu plus relevés que des poivrons) farcis d'un fromage nommé burrata. Jamais entendu parler de burrata ? Il est vrai que c'est une spécialité italienne plutôt rare par chez nous, encore qu'on commence à en trouver plus facilement depuis quelques années.

La burrata est née dans une petite localité de la région de Bari, au coeur des Pouilles (le talon de la Botte). C'est une préparation à base de mozzarella, sauf que c'est beaucoup, beaucoup plus addictif. Personne n'y résiste, même ceux qui n'aiment pas beaucoup le fromage. Avec la burrata, on se laisse envoûter dès la première bouchée. C'est tout moelleux, tout crémeux, tout frais, trop bon !

A quoi ça ressemble ? A ceci : 

La forme évoque une bourse, comme souvent avec les fromages italiens : pensez à toutes les sortes de scamorze, ces fromages que l'on fait sécher en les suspendant par le "col", ce qui leur confère cette forme typique.

L'enveloppe de pâte filée renferme un mélange de morceaux de mozzarella et de "panna fresca" (crème fraîche italienne), ce qui lui donne ce goût légèrement acidulé et cette consistance très très crémeuse. Traditionnellement, la burrata est emballée dans des feuilles d'asphodèle comme sur la photo ci-dessus. Mais comme le P'tit Billy, on trouve plus souvent, de nos jours, une fausse feuille en papier...

Que peut-on faire avec de la burrata ? La tartiner, la manger telle quelle ou avec de l'huile d'olive et du basilic, l'utiliser comme un fromage à fondre, dans une tarte, un gratin... Mais le mieux est encore de la déguster telle quelle, à la petite cuiller. Impossible de s'arrêter, c'est une vraie tuerie.

Où en acheter ? J'ai trouvé la mienne au marché d'Aligre. Sous la halle couverte, où il y a un spécialiste de produits italiens qui en fait régulièrement venir. Elle est de très bonne qualité. Il y a sans doute d'autres adresses où se fournir à Paris et sans doute qu'on peut en trouver ailleurs en France, malheureusement je n'ai pas d'adresses à vous fournir.


Si vous avez la chance (sur ce même marché d'Aligre, par exemple) de trouver également des petits piments allongés ou ronds, vous pourrez utiliser un peu de votre burrata pour confectionner ces "peperoncini ripieni". A défaut de burrata, faites-les à la manière classique, avec du chèvre ou du brebis frais. C'est moins bon, mais ça se mange ;-)

A croquer en tête à tête, un soir d'été, en vacances quelque part très au Sud, à l'ombre des oliviers... et avec un verre d'Aglianico del Vulture.

Peperoncini farcis à la burrata

en souvenir d'un premier été dans les Pouilles 



- 500g de mini poivrons ou de petits piments ronds ou allongés, rouges ou vert pâle
- 1 burrata (vous n'utiliserez sans doute pas tout)
- huile d'olive
- une gousse d'ail
- poivre du moulin (ou du piment d'Espelette)
- 1 cs de baies roses
- 2 feuilles de laurier
- 1 litre d'eau
- 25 cl de vinaigre blanc
- 2 ou 3 branches de thym frais


1. Portez à ébullition l'eau et le vinaigre avec un peu de gros sel, les feuilles de laurier et les baies roses.

2. Pendant ce temps, ôtez la partie supérieure des poivrons au niveau du pédoncule (jetez ces derniers), grattez délicatement l'intérieur pour enlever les graines et les nervures blanches sans abîmer la chair. Travaillez avec des gants pour éviter les brûlures si vos petits peperoncini sont piquants.

3. Plongez les poivrons dans le liquide frémissant et laisser cuire 2-3 minutes maximum avant de les égoutter.

4. Mélangez la burrata avec la gousse d'ail pilée et un peu de poivre du moulin ou de piment d'Espelette.

5. Lorsque les poivrons sont bien refroidis, farcissez-les de fromage. Effeuillez le thym frais par dessus et réservez au réfrigérateur jusqu'au service.

Si vous voulez conserver ces peperoncini plus longtemps, rangez-les dans un bocal rempli d'huile d'olive et stockez au frais.

Croquez-en un : c'est doux et crémeux de prime abord, puis un peu piquant sur l'arrière, ça vous titille les papilles, miam... il vous en faut un autre, vite, tout de suite... et puis un 3e... et puis finalement il n'en reste plus un seul !

mercredi 23 juillet 2008

Antipasti, les classiques #2. Petits calamars comme à Venise

Enfin un peu de chaleur, l'été commence à ressembler à l'été, profitons-en, à défaut de partir en vacances.
 
Je dis ça, mais je n'en profite pas du tout, car plus la température extérieure monte, plus la climatisation de la BnF s'emballe. C'est une véritable plaie, bientôt il va falloir ajouter aux 5 kg de barda habituel (bento + thermos + livres + ordinateur portable des fois que...) un pantalon en velours, des charentaises fourrées, une polaire voire un bonnet.
Après les petits artichauts à l'huile, voici un autre classique des classiques dans la série "antipasti" : des petits calamars en salade.

Tendres, assortis de quelques poivrons et tomates pour un ensemble aux couleurs arlequines, ces calamars évoquent pour moi le marché au poisson de Venise : la première fois que j'y suis allée, je suis restée stupéfaite, je n'avais jamais vu autant de bestioles de ce genre, de toutes tailles et de toutes couleurs, du poulpe le plus effrayant aux adorables petits supions.




Petits calamars en salade

Le secret pour que les calamars soient tendres à souhait : des petites bêtes (supions, chipirons même) la cuisson ultra brève et quelques heures de macération. Simple mais essentiel ! 


- 750g de petits calamars avec les tentacules (on peut les prendre surgelés, ça marche très bien même s'ils ont moins de goût, mais il faut qu'ils soient de très petite taille, la chair peu épaisse)
- 20 cl de vinaigre blanc ou cristal (environ)
- 150 d'un mélange de poivrons rouges, verts, jaunes
- 2 petites échalotes
- 1 gousse d'ail
- 100g de petites tomates
- un mélange d'herbes fraîches : ici sarriette, romarin, basilic, persil
- sel, poivre du moulin
- huile d'olive, de bonne qualité (oui, je radote comme une vieille fille acariâtre)
- un peu de vinaigre balsamique blanc ou de vinaigre de vin blanc pour rectifier l'assaisonnement final

1. Nettoyez les calamars, enelever les têtes et la poche d'encre s'il y a lieu, gardez les tentacules (c'est si joli... non ? vous n'êtes pas d'accord ?) et si possible, gardez les calamars entiers (ne les coupez pas en morceaux). 

2. Portez à frémissement 1 litre d'eau et 20 cl de vinaigre blanc. Pendant que le liquide chauffe, épépinez et taillez les tomates en dés, taillez les poivrons de même, émincez finement l'échalote, mélangez le tout avec la gousse d'ail passée au presse-ail, ciselez les herbes finement et ajoutez-les au mélange, salez et poivrez, asaisonnez généreusement d'huile d'olive afin de couvrir largement le mélange (indispensable si on veut éviter une rapide détérioration des légumes). 

3. Plongez les calamars dans la casserole frémissante (chantante ;-), attendez la reprise de l'ébullition et égouttez-les aussitôt, passez-les sous un filet d'eau froide pour arrêter la cuisson, laissez refroidir complètement avant de les mélanger aux légumes. 

4. Goûtez et rectifiez l'assaisonnement en vinaigre en ajoutant un peu de vinaigre balsamique blanc ou de vinaigre de vin blanc si nécessaire. Laissez mariner au frais 12h au moins avant de déguster.



mardi 22 juillet 2008

Antipasti, les classiques #1. Carciofini sott'olio (petits artichauts à l'huile)



Pour une fois, point de sucre... que de l'huile ! ;-)

Avec ce billet et ceux qui viendront prochainement, j'ai envie de vous faire partager quelques recettes d'antipasti que je réalise souvent en période estivale.
Les antipasti (souvent dits misti, c'est à dire mélangés, variés), vous savez, ce sont ces petites choses que l'Italien grignote en début de repas et de préférence avec un bon verre de vin (ou qui peuvent constituer une dînette rapide, il suffit d'augmenter les quantités et la variété).

Il y a longtemps que j'ai cessé de me fournir en antipasti chez les traiteurs italiens de Paris. Sauf bien sûr pour les charcuteries et les fromages, difficile de se lancer dans l'affinage du parmesan ou dans le séchage du jambon dans un appartement parisien.

Tout ce qui est sott'olio (à l'huile), artichauts, champignons, tomates, calamars, petits oignons, etc. peut se cuisiner à la maison. C'est une belle économie et la préparation est rarement très fastidieuse.

Autre avantage non négligeable, les antipasti fatti in casa ne baignent pas dans une improbable marée d'huile de tournesol comme dans les 3/4, voire les 9/10e des épiceries soi-disant italiennes, même d'un certain standing.
Car si l'antipasto doit vous coûter quelque chose, c'est surtout le prix de l'huile : vous ne vous passerez donc pas d'une vraie, d'une bonne huile d'olive. Oui je sais je radote avec mes histoires d'huile d'olive, mais c'est ainsi, je n'avale ni Carapelli ni Puget, ce genre de marchandise étant à l'huile d'olive ce que le Gros-Plant est au Meursault : tout juste bonne à faire cuire.
Ah, l'Italie... Quand je me remette à préparer régulièrement des antipasti et que je commence à vous écrire à moitié en italien, que je me prenne à rêver à nouveau dans cette langue, c'est que je suis en état de manque. Le dernier voyage remonte à plus de 2 ans maintenant.
Autrefois, je rejoignais 3 ou 4 fois par an un coin du Mezzoggiorno nommé Lucanie ou Basilicate. A cette époque la région était à peu près inconnue des touristes, sauf de quelques excentriques qui avaient lu les terribles descriptions de Carlo Levi dans le Le Christ s'est arrêté à Eboli.


Matera (Basilicata), "I Sassi"



Metaponto (Basilicata), restes du temple d'Héra, VIe s. av. JC



Altamura (Pouilles), la cathédrale


La Lucanie est un endroit où il faut se poser et vivre, se laisser aller à cette généreuse rusticité de l'antique civilisation méditerranéenne. On y apprend à aimer un quotidien provincial et paisible, un peu monotone, à se réjouir à l'idée de pousser jusqu'aux Pouilles voisines,'à AltamuraPeppino e Mina servent une inoubliable pizza primavera et où j'ai goûté pour la première fois à ces petits artichauts à l'huile, ces tendres petits artichauts à l'huile qui font partie des plus classiques des antipasti.

Carciofini sott'olio

en souvenir de Peppino e Mina



- une botte d'artichauts poivrade (en général, il y en a 5-6 dans le lot). Choisissez-les petits, jeunes, tendres, les feuilles ne doivent pas être trop fanées, ils ne doivent pas être ramollos.
- 80 cl d'eau
- 10 à 20 cl de vinaigre de vin blanc (ou de vinaigre de champagne, ou à défaut de vinaigre cristal : en tout cas, le moins coloré possible). Cela dépend de votre appétence pour les saveurs vinaigrées.
- 1 gousse d'ail frais ou jeune passée au presse-ail
- une branche de thym frais
- de l'huile d'olive (quanto basta...)
- 2 c. à soupe de vinaigre balsamique blanc (pour l'assaisonnement final)
- poivre du moulin


1. Portez l'eau et le vinaigre de vin blanc à frémissement avec une c. à café de gros sel.

2. Pendant ce temps coupez les queues des artichauts, puis coupez les pointes au tiers supérieur environ, enfin ôtez les feuilles extérieures de façon à ne garder que le coeur. En gros, vous perdez les 2/3 du volume de départ au moins.



Comme des pétales et des boutons de roses

3. Plongez immédiatement les artichauts dans le liquide bouillant et laissez cuire jusqu'à ce qu'ils soient tendres (pas défaits non plus... ). Cela prend entre 10 et 20 minutes selon leur taille.

4. Egouttez et laissez sécher et refroidir dans une passoire.

5. Tassez légèrement les artichauts refroidis dans un bocal, ajoutez l'ail pressé (si votre ail n'est pas de première jeunesse, ébouillantez la gousse au préalable), ajoutez également la branche de thym effeuillée, le vinaigre balsamique blanc, 2 tours de moulin à poivre. Couvrez d'huile à hauteur. Fermer le bocal, stockez au frais une huitaine de jours maximum. Meilleurs le (sur)lendemain que le jour-même.





jeudi 17 juillet 2008

Repulpez votre blog et restez mince. Tatins croustillantes d'abricots au mascarpone et à la fève tonka




Que de sucre, que de desserts dans ce blog ! L'Homme et moi n'en mangeons pourtant pas tant que ça. Les douceurs finissent souvent dans d'autres estomacs que les nôtres. Comment croyez-vous que nous faisons pour rester minces ;- ) ? La générosité culinaire est une stratégie bikini comme une autre !

Sauf que si votre entourage partage votre goût de la bonne chère et des p'tits plats maison, vous allez, à coup sûr, recevoir d'autres choses en retour. Donner ses surplus est un jeu qui devient vite dangereux. Un peu comme avec les cadeaux à la mode nippone : on renvoie l'ascenseur systématiquement, et tant qu'à faire, on surenchérit légèrement à chaque fois.

Un exemple (au hasard !). Vous avez offert un modeste pot de marmelade de pamplemousses à la Famille Ricoré. En échange, vous avez reçu 2 kg de pâtisseries orientales dégoulinantes de beurre, de miel, de sucre, d'amandes et décorées d'adorables perles argentées (elles-mêmes en sucre, mais on n'est plus à 0,432g de glucides près).

Un billet manuscrit caloriquement non nul (il a trempé dans le beurre et le miel ;-)) vous annonce avec la plus exquise courtoisie qu'après avoir vidé le contenu de la boîte, vous devriez prendre quelques grammes. Ce qui sous-entend que vous allez ressembler à la dame ci-dessous (et plus du tout à la femme - mince ! - de Grand Chef).





Au moment où la photo a été prise, le contenu de la boîte avait déjà migré sur mes hanches, mes fesses et mon ventre : désolée de ne pas vous montrer les superbes baklavas, m'khabez aux amandes (et aux perlouzes), etc.

Vous qui lisez ces lignes, sachez que je me fiche de mon allure bikini 2008. Parce que je n'ai pas un jour de vacances avant la Toussaint. Même si je m'offrais quelques séances de Paris-Plage entre deux (BnF-) plages de service public en salle de lecture, il faudrait qu'il commence à faire beau pour que je me mette en maillot, et accessoirement que la piscine Joséphine Baker cesse de se prendre pour le Titanic.

Vous l'aurez compris, ce long préambule n'était destiné qu'à justifier la recette du jour, un dessert hé oui, encore une fois de plus comme d'habitude ! Mais c'est un genre de dessert peu représenté par ici : il ne vous aura pas échappé que la catégorie « tartes sucrées » est maigrichonne. Par ailleurs, mon estomac n'avait pas mangé de tatin depuis belle lurette. Il fallait réparer cela d'urgence.


Tatins d'abricots au mascarpone 

et à la fève tonka





Croustillantes, crémeuses, caramélisées et acidulées, relevées des notes vanillées- chocolatées de la fève tonka, et… presque légères.

Pour deux tatins individuelles (cette fois, c'était pour nous, rien que pour nous)

- 12 à 15 petits abricots, juste mûrs mais fermes
- 4 grandes feuilles de pâte filo
- 4 cs de sucre
- 1 fève tonka (vous n'utiliserez pas tout)
- 2 cs de mascarpone (voire 3 ou 4)
- 40g de beurre ½ sel fondu

1. Préchauffez le four à 220°. Lavez, séchez, ouvrez en deux et dénoyautez les abricots. Versez 2 cs de sucre au fond de chaque moule. Disposez les moitiés d'abricots par-dessus, côté peau vers le bas. Râpez environ le quart d'une fève tonka sur les fruits (ne pas forcer sur la dose, le goût peut vite devenir envahissant). Enfournez pour une dizaine de minutes jusqu'à ce que le sucre commence à caraméliser (commence seulement : vous allez retirer les moules, mais le sucre continuera à cuire un peu, anticipez donc pour ne pas que le caramel brûle…). Baissez la température du four à 150°.

Cette étape peut-être réalisée directement sur les brûleurs à gaz si vous utilisez des moules en porcelaine à feu.



2. Déposez une ou deux c. à soupe de mascarpone dans chaque moule à tartelette, sur les abricots. Cela contribuera à arrêter la cuisson du caramel.

3. Faites fondre le beurre. Disposez les 4 feuilles filo en pile sur le plan de travail. Beurrez la première, pliez la feuille en deux, beurrez à nouveau, pliez encore pour obtenir un carré (si c'est un rectangle couper un peu), beurrez à nouveau. Posez la feuille sur les fruits et faisant un peu rentrer les bords dans le moule. Recommencez l'opération avec une 2e feuille que vous disposerez sur le même moule. Faites la même chose avec les deux feuilles filo restantes que vous disposerez sur l'autre moule.



4. Enfourner une quinzaine de minutes à 150° en surveillant de près la cuisson, les feuilles filo dorent assez vite. Attendre quelques minute avant de démouler en retournant les moules à tartes sur des assiettes.



Déguster tiède ou froid, tel quel ou (bien mieux mais moins léger) avec une belle cuillérée de mascarpone (parce qu'il en reste forcément dans le pot)...



vendredi 11 juillet 2008

Une taupe, trois bibliothécaires, une demi-douzaine de financiers

On nous l’avait annoncée « pleine de courage et d’enthousiasme ».

Elle est arrivée la semaine passée, jeune recrue sortant de l’ENSSIB (école formant entre autres les conservateurs de bibliothèque). Le poil raide et court, les yeux perçants derrière deux fonds de bocaux, le bronzage translucide, le bourgeonnement postpubère. La pauvre, ce n'est pas de sa faute, soyons indulgents...

Elle s’est installée dans le bureau que je partage avec S. (miss « je-glousse-quand-mon-amoureux-m’envoie-un-texto » ayant récemment pris ses quartiers ailleurs). Nous avons donc inauguré un nouveau trio cohabitatif.

Lundi, elle ne nous a pas adressé la parole.

Mardi, un bonjour sec et point à la ligne. Coincée ? De mauvais poil ? Pas très sociable, en tout cas.
Mercredi, je lui annonce une séance de travail avec un collègue de sa promotion, ce à quoi elle répond d’un ton cinglant : « Oh joie » (oui oui  : sans point d'exclamation). Deux ou trois autres réparties de ce type confirment une prédilection pour l'ironie la plus glaçante.

Jeudi, elle n'a toujours pas esquissé le moindre sourire. Elle fait purement et simplement comme si nous n'étions pas là.

Vendredi, nous prêtons moins attention à son attitude qu'à la sombre bestiole au poil ras qui trône sur son bureau. Une peluche ? Un fétiche ? Une pièce de collection ? Je songe tout d'abord à un rat. Aurait-elle poussé le cynisme jusqu'à prendre un rongeur pour animal-totem, elle qui a choisi de travailler dans une bibliothèque ?!



Profitant d'une absence, je m'approche de son bureau pour scruter l'animal plus aisément. Je n'identifie pas la bête de prime abord. Je retourne donc la planche, sûre d'y trouver quelque indice supplémentaire : talpea europea. Je suis nulle en zoologie, mais pas trop mauvaise latiniste. Ciel ! C'est une taupe naturalisée ! 

Franchement, vous en connaissez beaucoup, vous, des filles qui s'affichent avec une taupe en guise de presse-papier, 5 jours après leurs débuts professionnels ?

Et dire que je vais devoir tolérer cette horrible bestiole placée pile poil dans mon champ de vision pendant encore 1 mois et demi...

Voici une recette qui effacera (je l'espère) le dégoût, l'inquiétude voire l'épouvante que pourrait vous inspirer, chers lecteurs, la première partie de ce billet.
C'est une recette de Sophie Brissaud révélée par Patoumi : des petits financiers dégoulinants de beurre salé et parfumés au matcha. La recette a été allégée lors de son passage chez Mingoumango. J'ai fait passer ces petites douceurs du vert à l'orange, juste pour changer (la version originale au matcha reste un sommet de finesse et de gourmandise, testez les deux tant qu'à faire).



Financiers au beurre salé et à l'orange confite


Pour 6 petits gâteaux environ (quantité obtenue dans des moules à muffins individuels, faute de vrais moules à financiers)

- 100g de beurre demi-sel
- 80g de poudre d'amandes
- 50g de farine
- 150g de sucre glace
- 4 blancs d'oeufs
- 50g d'écorces d'orange confites (entières si possible)
- 1 cs de zeste d'orange finement râpé (alternative : qq gouttes d'arôme naturel d'orange)
- facultatif : du colorant orange en poudre ou liquide


1. Préchauffer le four à 180° C.
La recette originale dit faut placer les moules vides dans le four, mais j'ai des moules en silicone, or on m'a toujours dit qu'il n'était pas recommandable de les exposer, vides, à la chaleur du four. Donc je me contente d'enfourner mes moules une fois remplis.

2. Faire fondre le beurre, réserver. Tamiser et mélanger les ingrédients secs : farine, sucre glace, poudre d'amandes. Ajouter les blancs d'oeufs, l'arôme d'orange, le colorant si vous en mettez, puis le beurre en filet.

3. Verser l'appareil dans des moules à muffins en les remplissant aux 2/3 (si vous avez des moules à financiers, il n'est pas nécessaire de s'arrêter aux 2/3... d'ailleurs vu leur épaisseur vous auriez bien du mal).

4. Enfourner pour une dizaine de minutes à 180° C. Au bout de 10 minutes, sortir les petits gâteaux du four et disposer sur chacun d'un morceau d'orange confite. Poursuivre la cuisson encore dix minutes environ. Les financiers ne doivent quasiment pas colorer.

5. Laisser refroidir un peu avant de démouler. Laisser sécher à l'air 1 heure avant de les ranger dans une boîte hermétique.


Ces financiers doivent pouvoir se conserver un certain temps, vu leur moelleux et leur fondant. Combien, je l'ignore : à moins d'être un peu taupe sur les bords, je ne pense pas que vous puissiez les laisser traîner bien longtemps tellement ils sont divins et tellement ils titillent les papilles (le beurre salé...).



Sur cette base, on peut varier les parfums et les couleurs. Au citron, ils sont excellents, à la cannelle et à la fleur d'oranger, vous en faites une quasi pâtisserie orientale. Au pandan, pour celles qui ont des accointances avec la filière néerlandaise (merci Marion !). Prochainement, je crois que je vais tenter de mettre au point une version au chocolat.

dimanche 6 juillet 2008

24 heures ailleurs. Soupe de pêches au safran et au romarin

Paris court les soldes. Paris fait ses valises. Paris vit à l'heure des travaux d'été. Paris n'en finit pas de s'agiter. Et les blogueurs parisiens (ou non) se mettent à l'heure du pique-nique.

D. a compris ma lassitude, elle m'a offert quelques heures de paix, loin de cette ambiance oppressante.

Nous avons écouté de la musique, parlé enluminure et auteurs antiques, feuilleté des livres de cuisine. D. a préparé un tajine de poulet aux pruneaux et à la fleur d'oranger à la manière de Fatéma Hal. Nous avons partagé un « petit cœur »* ultra crémeux. Je suis repartie avec salade, courgettes, rhubarbe, confitures. Le corps reposé, l'âme sereine.

C'est fou comme la vie peut être différente, à 40 minutes de la Gare de Lyon.

Hortus floridus

Lavande et capucine

Marché à domicile

Fior di zucca

Tourbillon de fraîcheur


***********

Après la monomanie sernik, je suis passée à des envies plus fruitées : comme j'aime les fruits d'été plutôt nature, cela ne fournit pas toujours matière à recettes. Heureusement, il y a aussi les confitures, les tartes, les compotes.

L'Homme était parti en voyage, il y a trois jours, en suggérant de transformer un surplus de pêches en soupe. La soupe, c'est une idée que j'aime bien. Mieux que la compote, en tout cas.

La soupe fut improvisée pour son retour : pêches jaunes, safran, miel et romarin. Une association délicate qui ne gâte pas le parfum naturel des fruits, à condition d'avoir la main légère sur les accessoires...

Soupe de pêches au safran et au romarin


Pour 2-3 personnes :

- 4 pêches jaunes mûres à point mais pas trop (les blanches sont moins indiquées dans la mesure où elles se défont très vite à la cuisson)
- 30 cl d'eau
- 4 à 6 c. à soupe de miel de romarin (selon votre appétence pour le sucré… et selon les pêches)
- quelques aiguilles de romarin frais
- 1/2 capsule de safran en poudre (ou 5-6 filaments : restez raisonnable, sinon ça peut tout gâcher)

Portez l'eau, le miel, le safran et les aiguilles de romarin à frémissement. Ajoutez les pêches détaillées en quartier (éventuellement épluchées, mais je ne trouve pas que ce soit indispensable).

Laissez cuire à tout petits bouillons jusqu'à ce que les pêches soient juste tendres (pas défaites). Versez le tout dans un saladier et laissez refroidir, puis mettez au réfrigérateur au moins 3h avant de servir, de façon à ce que la soupe soit bien fraîche.


* Mélange de fromage frais type petit-suisse et de crème fraîche épaisse, moulé en forme de cœur : une spécialité d'autrefois, largement oubliée aujourd'hui, mais que certains fromagers pratiquent encore... à 40 km de Paris (si quelqu'un repère ça dans la capitale, qu'il me prévienne : il suffit d'y goûter une fois pour être accroc. Dommage pour la culotte de cheval...)