mardi 5 août 2008

Antipasti #5. Complètement hérétique : crème d'aubergines au sésame et Passacaille made in China

De l'antipasto italiano, serais-je en train de glisser vers le mezzé libanais ? Ne vous fiez pas aux apparences. La recette que voici est fort éloignée de la spécialité moyen-orientale la plus connue (après le taboulé et le houmous) : le caviar d'aubergines.

C'est pour ça que j'ai préféré l'appeler crème plutôt que caviar d'aubergines ou encore (plus ethniquement connoté) moutabal ou baba ganousch.

Enfin peu importe, l'essentiel est de faire voyager les papilles, pas de donner des noms à des préparations culinaires (je laisse ce soin à ceux dont c'est le métier, ces spécialistes du mot qu'on nomme lexicologues).

Voici comment s'y prendre pour concocter la plus délicieuse et la moins orthodoxe des crèmes d'aubergines.

1. D'abord, on ne fait pas griller les aubergines pour récupérer la chair, mais on les épluche (et encore, pas obligé), puis on les coupe en petits morceaux et on les fait cuire à la vapeur (10 minutes maxi dans le panier du cuiseur à riz, par exemple). Voilà qui ravira ceux qui n'ont pas ou plus de four, ceux qui n'ont pas de jardin et donc pas de barbecue. 

2. On évite l'ail cru, par égard pour l'oesophage des convives et par égard pour son voisin de sieste. La (ou les) gousse(s) d'ail, on la cuit à la vapeur aussi, avec les aubergines. 

3. On n'utilise pas la pâte de sésame libanaise (tahiné), mais sa cousine chinoise, à acquérir chez Tang ou dans n'importe quelle épicerie asiatique. La différence ? En Chine le sésame est torréfié avant d'être broyé, le résultat est plus goûteux, mais surtout il n'y a pas cette amertume typique du tahiné. 

4. On ne met pas d'huile d'olive, ni de cumin. Tant qu'à faire, on tourne carrément le dos à la Méditerranée et on ajoute plutôt un filet d'huile de sésame au moment de servir, sans avoir la main trop lourde, car c'est fort en goût (et que ça fait facilement double emploi avec la pâte de sésame). 

Récapitulons : 
- 500g d'aubergines (rondes si on en trouve, il y a plus de chair et moins de peau, c'est de l'épluchage en moins).
- 2 cs moyennes de pâte de sésame chinoise
- 1 gousse d'ail 
- 1 filet d'huile de sésame
- sel, poivre (au goût)
- 1 cs de graines de sésame légèrement torréfiées à la poêle (pour le décor)
- quelques feuilles de coriandre fraîche (à mélanger au dernier moment pour ne pas qu'elles s'oxydent).
C'est doux, onctueux, délicatement parfumé. Cela se tartine sur tout ce que vous voudrez, mais c'est encore meilleur comme "dip" pour accompagner des brochettes de viande ou de volaille. Avec des keftas d'agneau (et hop, on repasse de la Chine à un Orient moins extrême), c'est génial.

A vos barbecues ! Pour ma part, je tartine, c'est plus prudent quand on passe l'été entre une tour de verre et un appartement parisien (les pompiers ont bien assez de boulot comme ça).
Pour accompagner tartines ou brochettes, voici une curiosité musicale au moins aussi hérétique que la recette du jour : une passacaille chinoise ! Non, ce n'est pas une blague. Je viens de retrouver cet opus dans ma discothèque. Cette "nouvelle passacaille" (s'agit-il vraiment de la traduction du titre original "Xin Xingjie" ? La Mangue viendra peut-être à mon secours sur ce point) semble effectivement construite sur un motif mélodique qui revient sans cesse, comme la passacaille de de notre Occident baroque.






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