mardi 17 novembre 2009

Retour à la terre : des bulbes et des betteraves au four




Ce n'est pas par coquetterie ou pour jouer les divas que je me suis éloignée du blog (des blogs en général, d'ailleurs). Résumons les choses en un mot : je suis nihiliste (Facebook me l'a révélé récemment et pour une fois le test était presque crédible). Parfois, je n'ai plus envie de "nourrir la bête" (l'expression vient d'une personne rencontrée sur le net et qui habite à deux pas de ma nouvelle demeure et c'est exactement ce que je ressens). Je n'ai pas répondu à chacun de vos commentaires récents, mais je les ai reçus et lus avec plaisir (je n'ai pas encore atteint le degré suprême du nihilisme, semble-t-il). 

******

A mesure que les jours passent, les feuilles des noisetiers transforment le jardin en un parterre doré et rendent un peu de lumière à la pièce où j'ai installé mon bureau. Cette chambre a été habillée par nos prédécesseurs d'une moquette bleu chiné et d'un papier peint à grosses fleurs dans les mêmes tons froids. Heureusement qu'une rangée de bibliothèques Billy va bientôt masquer ce hideux décor (en attendant mieux...) 

De gros tas de feuilles mortes se sont accumulés sur la pelouse, non par la grâce de Dieu mais à force de ratissage manuel. C'est là qu'on se met à fantasmer sur les machines à souffler qui servent au ramassage des feuilles sur la voie publique et dans les parcs : après l'aspirateur, c'est une invention capitale pour l'amélioration de la condition féminine (et masculine, allez, y a pas que moi qui balaie le jardin...). D'accord, l'automne ne dure que 3 mois tandis que la poussière c'est toute l'année (et puis la poussière offre rarement de jolis tapis dorés qui craquent sous les pieds). 

Le week-end dernier, sous la pluie et dans la gadoue, j'ai fait des trous et j'y ai jeté des bulbes selon les préceptes horticoles de D., en espérant voir sortir quelques fleurs avant la fin de l'hiver. 


****** 

Dimanche, nous avons décidé de goûter l'un des produits phares des marchés locaux, la betterave cuite au four (entière, avec la peau). Je suppose qu'on ne mange pas la peau, qui est un peu âcre. Mais on peut ouvrir la betterave en deux et la déguster comme une mangue (j'ai spontanément eu l'idée de la présenter comme cela, mais j'ignore si ça correspond aux us et coutumes du pays) (au fait, j'imagine qu'on trouve des betteraves cuites au four ailleurs qu'en Poitou, mais comme à Paris, je n'en avais jamais vu, ça m'a paru original... c'est ça les Parigots qui débarquent à la campagne... ils s'étonnent de tout !) 

En tout cas ce mode de cuisson fait de la betterave une véritable friandise. Cette saveur tirant sur la châtaigne grillée m'a parue bien supérieure à celle de la betterave à la vapeur (d'ailleurs betterave et marrons, c'est drôlement bon, cf. ). La variété utilisée (des crapaudines) y est peut-être pour quelque chose. 

Nous l'avons dégustée nature avec de la fleur de sel et un peu de persil ciselé. Elle est tellement bonne ainsi qu'il serait dommage, à mon sens, de la noyer sous une vinaigrette. 

C'est J. qui m'a suggéré que la betterave ferait un bon sujet... J'ai englouti la dernière à midi. Et j'ai eu envie d'écrire ce billet. 

La recette : 
Prendre des betteraves crues, les nettoyer soigneusement pour enlever le maximum de terre. Les déposer dans un plat à gratin ou directement dans la lèche-frite. Cuire à 180° pendant 1h30 environ (il faut qu'elles soient tendres à coeur et que la peau soit affreusement fripée). Laisser refroidir avant de déguster. Peut se servir tiède, c'est très bon également. 



La maternité permet d'acquérir une maîtrise hors pair du mixage alimentaire : ici, la part de mini Kriskou.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire